Avec l’avènement des technologies blockchain et la numérisation croissante des échanges économiques, de nombreuses banques centrales dans le monde étudient ou lancent des initiatives pour créer leur propre monnaie numérique. L’Union européenne, via la Banque centrale européenne (BCE), a notamment initié le projet de l’euro numérique, une initiative visant à créer une version électronique de l’euro qui compléterait l’argent liquide et permettrait des paiements numériques directs et instantanés.

Pour un citoyen suisse moyen travaillant environ 40 ans, une inflation annuelle de 2 % réduirait son pouvoir d’achat de plus de la moitié d’ici sa retraite.

La BCE présente l’euro numérique comme un outil pour élargir l’accès aux services financiers et répondre à la demande croissante de solutions de paiement numériques. Cependant, plusieurs critiques s’élèvent contre ce projet, en mettant en lumière des risques majeurs : une centralisation excessive, une atteinte potentielle à la vie privée des utilisateurs et un contrôle étatique accru sur les transactions individuelles. Par exemple, certains experts soulignent que l’euro numérique pourrait permettre aux gouvernements de geler ou de limiter l’accès à des fonds en cas de désaccord avec des politiques spécifiques, comme cela a été évoqué lors des discussions sur les sanctions financières en Union européenne. Alors que l’Union européenne avance dans cette direction, la Suisse explore également la possibilité d’introduire un franc suisse numérique. Mais à quel prix pour la liberté financière des citoyens suisses ?

Un franc suisse numérique : où en est la Suisse ?

En Suisse, la Banque nationale suisse (BNS) a mené plusieurs initiatives autour des monnaies numériques, notamment via le projet Helvetia. Ce projet se concentre sur une monnaie numérique de gros, destinée aux transactions interbancaires et aux institutions financières. L’objectif principal est d’utiliser la technologie blockchain pour rendre les paiements interbancaires plus rapides et plus sécurisés.

Cependant, des discussions ont également émergé autour de la création d’un franc suisse numérique utilisable par les particuliers. L’Association suisse des banquiers (ASB) explore la faisabilité d’un jeton de monnaie scripturale émis sur blockchain, en collaboration avec des institutions comme UBS et PostFinance. Bien que présenté comme un outil d’innovation, ce projet soulève des questions importantes sur les impacts possibles pour la population suisse.

Les déclarations de Martin Schlegel

Récemment, Martin Schlegel, président de la BNS, a confirmé que l’inflation en Suisse reste proche de zéro et que la politique monétaire suisse cherche à préserver la stabilité des prix. Cette stabilité se traduit par une préservation du pouvoir d’achat des citoyens, une faible érosion de l’épargne et des conditions favorables pour les consommateurs. Toutefois, elle met aussi en lumière les défis liés à des taux d’intérêt très bas, notamment pour les épargnants et les retraités, qui peuvent voir leurs revenus diminuer.

La réalité pour les épargnants suisses

Cependant, une inflation proche de zéro n’est pas équivalente à une inflation nulle. Même de faibles taux d’inflation érodent progressivement le pouvoir d’achat sur le long terme. Pour un citoyen suisse moyen travaillant environ 40 ans, une inflation annuelle de 2 % réduirait son pouvoir d’achat de plus de la moitié d’ici sa retraite. Concrètement, à la fin de sa carrière, il ne lui resterait qu’environ 44,6 % de la valeur réelle de sa richesse initiale. Ces chiffres mettent en évidence l’impact insidieux d’une inflation même modérée, qui fragilise l’épargne et les perspectives financières à long terme.

Les risques pour la liberté financière et le pouvoir d’achat

La numérisation de la monnaie, si elle offre des avantages tels que la rapidité des transactions, la réduction des coûts et une transparence accrue dans les flux financiers, comporte également des risques considérables. Voici quelques points à considérer :

  1. Centralisation et contrôle accru : Un franc suisse numérique pourrait permettre à la BNS et au gouvernement de suivre et de contrôler chaque transaction effectuée par les citoyens. Cette centralisation expose à des risques de surveillance de masse et de restrictions sur l’utilisation de son propre argent.
  2. Atteinte à la vie privée : Contrairement à l’argent liquide, qui garantit un certain anonymat, une monnaie numérique pourrait être associée à des identités personnelles, rendant chaque transaction traçable.
  3. Risque de contrôle monétaire : Avec une monnaie numérique, la banque centrale pourrait facilement imposer des taux d’intérêt négatifs, limiter les retraits ou encore restreindre l’accès à son argent en cas de désaccord avec certaines politiques gouvernementales.
  4. Fragilisation du pouvoir d’achat : Une monnaie numérique pourrait faciliter une manipulation monétaire accrue, menant à des dévaluations rapides et à une perte de pouvoir d’achat.

Une alternative : Bitcoin, la monnaie décentralisée

Face à ces risques, Bitcoin représente une alternative solide. Contrairement aux monnaies numériques centralisées comme l’euro numérique, Bitcoin fonctionne sur un réseau décentralisé qui garantit une véritable autonomie financière aux utilisateurs. Par exemple, des commerces en Suisse comme des restaurants et boutiques acceptent déjà Bitcoin, illustrant sa viabilité comme moyen de paiement indépendant des banques. Avec une offre limitée à 21 millions de bitcoins, il offre une résistance naturelle à l’inflation et préserve le pouvoir d’achat sur le long terme. Avec une offre limitée à 21 millions de bitcoins, il offre une résistance naturelle à l’inflation et préserve le pouvoir d’achat de ses utilisateurs sur le long terme.

Conclusion

La Suisse, en tant que modèle de liberté et de stabilité financière, doit être prudente face à l’émergence des monnaies numériques centralisées. Si elles peuvent offrir des avantages technologiques, les risques pour la liberté individuelle et le pouvoir d’achat des citoyens sont réels. Il est essentiel que le débat public autour de ces projets reste ouvert et que des alternatives décentralisées comme Bitcoin soient considérées dans cette transition vers l’avenir monétaire.

A propos de l'auteur: Arnaud

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